Asexuel : personne qui ne ressent pas le besoin d'avoir des rapports sexuels Amis-A
Nous sommes actuellement le 23 Fév 2018, 10:25

Le fuseau horaire est UTC+2 heures




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 40 message(s) ]  Aller vers la page Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

L'école vous a-t-elle donné confiance en vous ?
1) Pas du tout, elle vous a fait perdre confiance. 47%  47%  [ 7 ]
2) Cela a parfois été difficile, mais cela n'a jamais atteint votre confiance en vous. 27%  27%  [ 4 ]
3) Vous avez toujours été serein, l'école n'y a rien changé. 13%  13%  [ 2 ]
4) L'école vous a donné confiance en vous, vous a permis de dépasser des obstacles extérieurs (famille, etc) 13%  13%  [ 2 ]
Nombre total de votes : 15
Auteur Message
 Sujet du message : Re: Education et sécurité
Message Publié : 14 Mars 2014, 22:48 
Hors-ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 20 Jan 2013, 14:46
Et ben voilà comment on entretient la légende sur les profs ! :arrow:

_________________
Quiconque juge se place au-dessus des autres, est un faible par la pensée.
Le monde est complexe, il n'existe pas de réponses simples.
Aujourd'hui chacun revendique son avis sur tout. C'est l'expression de l'égo, pas de l'intelligence.


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message : Re: Education et sécurité
Message Publié : 14 Mars 2014, 22:51 
Hors-ligne
Membre fondateur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 22 Août 2008, 19:34
:shock: :hum: tu :massue: avec tes élèves :zinzin: ?

_________________
«The sex is the biggest nothing in all the times» Andy Warhol


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message : Re: Education et sécurité
Message Publié : 15 Mars 2014, 00:37 
Hors-ligne
Membre fondateur

Inscription : 22 Août 2008, 19:32
Gianni a écrit :
Brig, tu vois ce qu'elle me fait souffrir ? :pleure: SOS homme battu !

Viens faire un :console:


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message : Re: Education et sécurité
Message Publié : 15 Mars 2014, 01:06 
Hors-ligne
Membre fondateur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 22 Août 2008, 19:34
J'arrive :console: :bise:

_________________
«The sex is the biggest nothing in all the times» Andy Warhol


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message : Re: Education et sécurité
Message Publié : 18 Mars 2014, 11:54 
Hors-ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 20 Jan 2013, 14:46
Hier soir tard a été diffusé sur France 3 un docu sur les enfants précoces. Donc depuis deux ans, 1% des collèges en France ont créé une section spéciale enfants précoces. Le docu montrait la section dans un collège de Marseille, appelée Besoin Intellectuels Précoces. C'est donc un début, un peu expérimental. Ils travaillent en lien étroit avec l'association AFEP qui aide les familles d'enfants précoces, et qui travaille avec l'Education Nationale pour une meilleure compréhension et prise en charge de ces enfants. Le préjugé est qu'un enfant surdoué doit être meilleur. Or souvent ce n'est pas le cas. On a des enfants qui ont un comportement très difficile à gérer, qui gênent concrètement les cours et provoquent les enseignants. L'ennui est une cause dont on parle souvent mais en fait ce n'est pas la principale. Ces enfants ont un fort QI (ceux de l'émission avaient été testés en primaire et un avait 130 à 9 ans...). Mais leur problème c'est qu'ils n'arrivent pas à se comprendre, surtout au niveau émotionnel. En plus ils sont souvent mis à l'écart par les autres enfants. Donc très tôt ce sentiment de différence et de rejet les amène à développer des comportements de défense (agitation etc) qu'ils ne maîtrisent pas bien eux-même.
Honnêtement, moi-même en regardant une scène de cours où des enfants ne se mettent pas au travail car ils sont préoccupés par le vol d'un dessert à la cantine entre eux, je ne pourrais pas dire que ce sont des enfants précoces. Il n'y a pas de différence pour moi dans ces comportements et ceux d'élèves agités ou gêneurs classiques. La réponse de cette équipe pédagogique spécialement dédiée aux précoces est aussi un peu la même, à savoir poser des limites...comme avec n'importe quel jeune ado en fait. A priori un enfant précoce ne supporte pas un cadre trop rigide, mais pas non plus trop de liberté. Ils ont souvent une tendance à manipuler les adultes pour obtenir ce qu'ils veulent plus qu'un enfant classique, justement parce qu'ils sont intelligents. Leur confiance en eux peut être très différente, certains se trouvent géniaux et trouvent les autres nuls et les méprisent, d'autres se sentent rejetés et aimeraient être juste "normaux", d'autres sont des hypersensibles plutôt timides vu d'extérieur... bref, il n'y a pas un profil type, seul le fort QI les réuni, et le besoin de leur donner un niveau d'apprentissage à la mesure de leur appétit et de leur rapidité à apprendre.
Ce que je ne savais pas, c'est qu'on peut être enfant précoce, et en même temps dys (dyslexique, dyspraxique etc...). Comme quoi le cerveau humain est bien complexe.
Pour ceux que ça intéresse je suppose qu'on peut revoir ce docu très bien fait sur le replay de FranceTV ou via sa box.

_________________
Quiconque juge se place au-dessus des autres, est un faible par la pensée.
Le monde est complexe, il n'existe pas de réponses simples.
Aujourd'hui chacun revendique son avis sur tout. C'est l'expression de l'égo, pas de l'intelligence.


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message : Re: Education et sécurité
Message Publié : 13 Avr 2014, 09:32 
Hors-ligne

Inscription : 31 Mars 2014, 20:30
Bon alors comme je suis 10 fois concerné par le sujet ma réponse va être longue...

Tout d'abord, l'école pour l'enfant que j'ai été a été un endroit "bof" on va dire... Précoce, j'ai été harcelé à l'école pendant des années. Récemment j'ai lu des témoignages sur le harcèlement scolaire, et à cette occasion je me suis rendu compte que j'avais vécu les pires choses. Mais contrairement aux personnes qui ont rédigé ces témoignages, je n'ai pas vécu ces choses de façon aussi traumatisantes qu'eux. Chez moi le harcèlement scolaire ne s'est pas traduit par des crises d'angoisse avant d'aller à l'école, ni par de l'absentéisme, ni par un rejet de l'école, car je me faisais aussi harceler à la maison, donc finalement l'école était pour moi un lieu comme un autre... Un endroit ou de toute manière j'en prenais plein la gueule.

Mais je n'en suis pas mort et j'ai finis par aller au delà du harcèlement. Finalement j'ai beaucoup moins souffert du harcèlement scolaire que du harcèlement familial, et l'école a été à terme un lieu où j'ai pu regagner de la confiance en moi (à partir du lycée) car au fil des années ce lieu est devenu plus sécurisant pour moi que la maison.

Mais bon mon expérience est tellement personnelle à ce niveau là, que je me demande si elle pourrait bien parler à quelqu'un.


Enfin bref, aujourd'hui je suis enseignant en histoire-géo et maintenant j'ai un tout autre regard sur l'école.

Pour compléter le point de vu d'Ewe sur les situations d'apprentissage, il faut savoir que le cerveau humain est composé de 3 parties, qui correspondent à l'évolution animale :
_ le cerveau reptilien : c'est ce dont Ewe parlait par le besoin de se sentir en sécurité au niveau des situations d'apprentissages, je ne vais pas revenir dessus, son analyse est parfaite.
_ le cerveau mammalien (ou quelque chose dans le genre, le terme n'est pas exact) : c'est une partie du cerveau qui s'est développée avec l'apparition des mammifères, c'est le siège des émotions. En situation d'apprentissage, cela revient à proposer aux enfants des contenus pédagogiques envers lesquels ils pourront développer une charge affective, pour mieux les y intéresser.
_ le cortex de la mémoire : cette partie du cerveau est apparue chez certaines espèces de mammifère, les plus intelligents en fait (donc les primates, certains mammifères aquatiques, les éléphants, ...), et comme son nom l'indique, c'est le siège de la mémoire.

Pour que le cerveau humain entre en situation d'apprentissage il faut que le cortex de la mémoire soit activé, et pour qu'il soit activé, il faut que les deux autres le soient avant : on appelle ce processus la Métacognition. Cela marche comme ça chez les adultes, comme chez les enfants.
Par conséquent pour que les enfants apprennent dans de bonnes conditions (les précoces comme les autres), il faut leur proposer un cadre sécurisant, et des contenus pédagogiques dans lesquels ils pourront se retrouver pour développer chez eux une charge affective, leur donner le goût d'apprendre.

En ce qui concerne les enfants précoces maintenant, dans mes cours en histoire-géographie j'ai développé une pédagogie alternative avec laquelle je fais travailler mes élèves en groupe sur des tâches coopératives. L'enfant précoce y a toute sa place puisqu'il a pour rôle d'expliquer ce que les autres ne comprennent pas, de les aider, et de servir de moteur à l'ensemble du groupe. Ensuite les activités en groupe sont forcément plus complexes que les activités individuelles, donc l'enfant précoce y trouve aussi son compte à ce niveau là.
Dans ces situations d'enseignement j'ai toujours vu mes élèves adhérer à 200% au cours, et j'ai toujours constaté que les enfants les plus agités dans des cours où ils se retrouvent dans des situations d'enseignement classique, face à une situation de travail en groupe coopératif, posent beaucoup moins de problème et sont beaucoup plus faciles à gérer car ils ont un rôle dans le groupe et ne se sentent plus considérés comme les élèves qui posent problème.

Voila, on peut donc tout à fait intégrer l'enfant précoce à des enseignements classiques. On n'est pas obligé de le pousser au maximum par une pédagogie adaptée au sein d'un groupe d'élèves homogène. Les meilleures situations d'enseignement sont créées au sein de groupe hétérogène, c'est le meilleur moyen pour que tout le monde en profite.
L'enfant précoce, et l'adulte surdoué n'aiment pas travailler pour leur intérêt personnel et ont besoin de se sentir utiles pour les autres, ça les valorise.

Me concernant, j'ai été un enfant précoce, je me suis ennuyé ferme à l'école car je comprenais plus vite que les autres et passais beaucoup de temps à les attendre. Malgré ça avec le recul je préfère avoir vécu les choses de cette manière plutôt que d'avoir été intégré à un groupe d'enfants précoces pour suivre une pédagogie adaptée. Sortir l'enfant précoce du circuit classique c'est le priver de développer une capacité à travailler avec des gens normaux, à mon sens.
Tous les enfants précoces sont égocentriques, alors les mettre à l'écart sous prétexte qu'ils sont plus performants que les autres, moi je trouve ça très malsain et je me demande quel genre d'adulte on forme là. Si c'est pour en faire des adultes un peu trop conscients de leur supériorité et incapables de travailler avec des gens "normaux", je n'en vois pas l'intérêt.
Bon après c'est juste mon point de vu à froid, et avec un peu plus de recul et de connaissances il n'est pas impossible que je change radicalement d'avis sur la question...

Mais puisque 98% des gens ne sont pas comme nous, il me semble donc normal que ce soit à nous d'apprendre à nous adapter.


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message : Re: Education et sécurité
Message Publié : 13 Avr 2014, 12:01 
Hors-ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 20 Jan 2013, 14:46
En fait le reportage insiste surtout sur le ressenti de ces élèves, et de leurs parents. A part citer cette unité d'enseignement pour BIP (besoin intellectuels précoces), la pédagogie qu'on leur donne n'est pas expliquée.
C'est vrai qu'en les mettant ensemble et à part, on les étiquette clairement donc on les isole plus des autres et on leur donne encore plus le sentiment d'être différent, et "au-dessus" des autres. A priori ça peut avoir l'effet pervers de les désocialiser plus encore, et de développer leurs penchants narcissiques. Pour ma part je pense que cette expérience est très incomplète, ou alors pas bien montrée. Si les personnes en charge de ces enfants avaient une vraie formation en psychologie par exemple, cela pourrait être intéressant. Je pense que ça pourrait être comme un sas qui sert à un moment donné de la scolarité de l'élève, mais pas un modèle de scolarité total pour ces élèves.
A un moment durant le cours de français, on voit qu'il est difficile de les mettre au travail alors qu'ils ne représentent même pas le quart de l'effectif normal d'une classe, et que les problèmes liés à leur ego sont au premier plan. Parallèlement, je pense à ce qui est fait avec des élèves en rupture avec le système scolaire, les écoles de la dernière chance. Ces écoles fonctionnent en fixant un pacte avec l'élève : tu ne restes que si tu progresses et si tu fais les efforts qu'on attend de toi. Des objectifs précis tant scolaires qu'au niveau du comportement sont fixés, et ils rendent des comptes très régulièrement sous la forme de rendez-vous avec leur prof tuteur, avec le directeur ou le psy scolaire. Ils doivent eux-même dire ce qui va ou pas, faire leur auto-critique. Moi je trouve cette approche très bonne. Ca responsabilise l'enfant, ça lui permet de comprendre qu'on attend des choses de lui et que cela n'a rien avoir avec de l'amour ou du désamour, ça lui permet d'être acteur au lieu de subir.
Mais pour cette classe de bip, j'ai l'impression que ça ne fonctionne pas comme ça. Du moins je trouve que la tentative de l'enseignante de français est infructueuse. Elle ne place pas les élèves en situation de les rendre autonomes et responsables, et ça c'est très dommage. Elle leur assène sa critique, et d'ailleurs ils n'ont pas très envie d'échanger sur ça avec elle.
Moi j'ai développé une pédagogie très axée sur la responsabilisation et l'autonomie. Au début, ça surprend mes élèves, certains en rient, mais très vite ils apprécient. C'est à la fois un cadre sécurisant, et à la fois une façon de ne pas les infantiliser, de les faire grandir et pas seulement en leur remplissant la tête de savoirs. Je pratique l'auto-évaluation, mais elle ne sert pas de vraie note, c'est une évaluation que l'élève fait de son propre travail, à partir de critères (on dit plutôt compétences) annoncées dès le départ, et chiffrées pour donner une note. Ainsi, dès le départ, il y a ce que tu dois faire (consigne de travail), ce que ça permet d'apprendre (objectifs visés), ce que tu dois être capable de faire (compétences notées). Ce cadre là permet de donner du sens à l'apprentissage, et permet à l'élève d'être dans une situation sécurisante. Le chemin est balisé, il sait où il doit aller, de façon précise. Il y a toujours un temps d'oral à ce sujet, pour expliquer de mon côté, et du leur pour exposer leurs questions, remarques ou idées. Je ne cède pas à la tentation de donner les réponses, je pose les questions qui montrent la voie de la réponse, je les pousse à trouver par eux-même, ce que je trouve bien plus intéressant tant en terme d'apprentissage qu'en terme d'estime de soi pour l'élève. Vers la fin du travail, ou avant s'il le veut, l'élève écrit au crayon à papier les points qu'il pense avoir sur chaque compétence, et fait le total. Ca permet aussi à des élèves anxieux d'avoir plus confiance en eux. Très vite, ils comprennent le sens de ça, et ne rient plus en pensant qu'ils se notent à la place de la prof.
Je pratique aussi pas mal le "qu'est-ce que tu penses de ton travail ?", ou encore je fais comparer plusieurs travaux que j'affiche de façon anonyme. Comme j'ai fixé dès le départ pour règle qu'on n'avait pas le droit aux jugements de valeurs (j'aime / j'aime pas, c'est beau / c'est moche, c'est bien / c'est nul), je les pousse à avoir un regard critique et argumenté. Et en général ils sont honnêtes et ils voient bien des choses. Et ainsi au lieu que je dise ce qui ne va pas, c'est eux qui le remarquent. Ainsi au lieu d'avoir du ressenti, de se sentir le vilain petit canard, ils sont dans une position responsable et déchargée de toute émotion négative. Le rapport entre eux et moi s'en trouve plus serein, et ils se sentent acteurs de leur travail.
Ca marche aussi pour l'utilisation du matériel. En arts plastiques, il peut y avoir des choses salissantes, voire dangereuses (j'ai des cutters), et beaucoup de déplacements dans la salle. Donc j'apprends à mes élèves à être autonomes et responsables. En 6e, ils utilisent tous le cutter. Mais avant j'ai expliqué des règles qu'on doit strictement respecter (ranger la lame à chaque fois qu'on pose le cutter, toujours me le redonner en main propre avant qu'il serve à un autre élève...Etc). Au départ, ils sont un peu terrifiés à l'idée d'utiliser un cutter (souvent les parents l'ont interdit), et les plus casse-cou font les fiers qui n'ont pas peur. Mais une fois qu'ils s'aperçoivent que rien ne se produit (aucun accident à mon compte), et bien ils sont fiers d'eux, et ils sont contents de me montrer qu'ils respectent les règles que j'ai fixées. Certains m'ont dit qu'ils étaient contents de savoir se servir d'un cutter, ou m'ont fait remarqué comment eux ne se font pas mal avec que leur oncle ou autre s'est récemment coupé. On utilise aussi des pistolets à colle, ça brûle, et ça fait très mal. Mais rien ne s'est passé, sauf pour deux ou trois qui avaient envie de savoir comment ça faisait mal et qui ont intentionnellement essayé de se brûler. Du coup, j'ai trente élèves de 11 ans qui bougent comme dans une ruche, les uns avec des cutters, les autres avec des pistolets à colle, les autres avec de la peinture ou autres...et tout fonctionne sans problème. Et ils sont content d'avoir cet espace de liberté contrôlée. Ils gagnent en confiance d'eux-même parce que je leur accorde ma confiance et ça ils le savent.
Sinon, ce que tu dis par rapport au travail en groupe mixtes est vrai. C'est je crois ce qu'on nous recommande d'ailleurs, et que peu de profs appliquent car ils ont peur d'être débordés. Moi j'alterne au long de l'année des travaux individuels, avec des travaux à plusieurs. Mais tout au long de l'année il y a des temps d'oral où on parle ensemble du travail, ce qui donne la parole à tous et donc l'entre-aide fonctionne à ce niveau. Comme je ne suis pas sur le registre "c'est bien/c'est pas bien", ils se sentent libres de s'exprimer et il n'y a pas de compétition ou de dénigrement entre eux. Et puis quand certains ont fini plus tôt que les autres, je les envois aider ceux qui ont du mal, ou sont en retard. Je le dis comme ça : "tu peux aller aider ceux qui n'y arrivent pas bien". Et ça leur convient, tout autant qu'à ceux qui se font ainsi aider. Ca enlève aussi entre eux cette barrière entre bons et mauvais.
Pour en revenir aux surdoués, je ne sais pas si j'en ai déjà eu. Pourtant j'ai beaucoup d'élèves, et j'ai enseigné dans pas mal d'établissements depuis neuf ans. Une fois, j'ai eu un élève de 11 ans qui avait le profil il me semble. Hyperactif qui perturbait terriblement les cours, mais me tenait en face à face un discours à la fois très adulte et à la fois assez manipulateur, qui montrait au moins qu'il était très intelligent, contrairement à ce que pouvaient laisser penser ses notes. Il n'était pas diagnostiqué, et les enseignants le disaient juste hyperactif. La famille voulait lui donner des médicaments pour le calmer.
A part ça, j'ai toujours eu des élèves doués, mais surdoués, je ne sais pas. J'ai eu par contre beaucoup d'élèves en difficultés, de toutes sortes, et souvent cumulées : sociales, comportementales, scolaires... Donc je me suis beaucoup investie en ce sens, et ma réflexion en tant que prof s'est portée sur ces problèmes-là, pas sur les élèves surdoués. J'ai aussi enseigné dans des collèges plus que tranquilles, mais en général je n'ai pas aimé. C'était des collèges de banlieue bourgeoise, avec des gens qui avaient du fric mais pas de culture réelle, et un certain mépris des profs. On étaient un peu leurs larbins. Il fallait mettre de bonnes notes à leurs gamins, on avait la pression et la direction abondait dans le sens des parents. Les gamins étaient puants d'arrogance et de suffisance. Mal élevés souvent, et intéressés que par la note, comme un âne par la carotte. Aucun plaisir d'apprendre ni de s'élever, ça ne leur faisait ni chaud ni froid. Ils devaient rapporter de bonnes notes, pour avoir la paix, et pour obtenir les cadeaux coûteux qu'on leur promettait. C'était ça leur monde, et rien d'autre. Avec ce genre d'environnement, j'ai eu beaucoup de mal. Mais quand j'ai eu à bosser dans des collèges accueillants des gamins de cités, là certes ce n'était pas de tout repos, mais je me sentais utile, je sentais que je pouvais faire quelque chose pour ces gamins, et les parents souvent avaient foi en l'école. Il y avait beaucoup de difficultés à surmonter, mais c'était un beau challenge. Jamais ailleurs que là je n'ai rencontré des élèves qui avaient autant la rage d'y arriver, le plaisir d'apprendre et de réussir. Même si en même temps il y avait des gamins déjà perdus, pour lesquels il aurait fallu un autre type de prise en charge à mon avis, essentiellement psychologique.
En tout cas je peux dire une chose : l'enfant se développe avant tout par rapport à son contexte familial et social. L'école n'a qu'un faible impact. Au mieux, on peut apporter des connaissances qui mèneront aux diplômes, une certaine sécurité (oui comme tu l'a bien décris, tout est relatif pour un enfant suivant le contexte global dans lequel il se trouve), une forme de responsabilisation et d'autonomie. Mais face à certaines blessures déjà très profondes chez certains, on ne peut plus grand chose. Il faudrait les sortir de là où ils vivent, les encadrer avec des éducateurs et des psychologues, pour leur réapprendre la vie autrement. Je ne parle pas de répressif, mais de réapprendre de nouveaux repères, plus positifs, et d'apprendre à s'aimer soi-même.
Oups, on dirait que j'ai beaucoup écrit :oops:

_________________
Quiconque juge se place au-dessus des autres, est un faible par la pensée.
Le monde est complexe, il n'existe pas de réponses simples.
Aujourd'hui chacun revendique son avis sur tout. C'est l'expression de l'égo, pas de l'intelligence.


Dernière édition par ewe le 13 Avr 2014, 13:32, édité 2 fois.

Haut
 Profil  
 
 Sujet du message : Re: Education et sécurité
Message Publié : 13 Avr 2014, 12:03 
Hors-ligne
Membre fondateur

Inscription : 22 Août 2008, 19:32
Entièrement d'accord avec toi sur la manière d'intégrer les surdoués dans la normalité.


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message : Re: Education et sécurité
Message Publié : 13 Mai 2014, 21:52 
Hors-ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 21 Avr 2014, 14:12
Vote 1 :roll: CP en 1978 oui je sais ça date, mais du coups les compétences du corps enseignant à cette époque se limitaient à instruire de gré ou de force, et si l'enfant ne pliait pas il était rejeté :shock: Bilan j'ai repris mes études et obtenus des diplômes entre 28 et 34 ans... par contre du coup la qualité mon orthographe est heu, ben... quelle qualité déjà :mrgreen: manque les cours élémentaires :gratte: et donc trop tard ? Non bien sur mais pas envie :oui: :oui: :oui: après 6 ans pour me remettre à niveau puis obtenir un minimum de diplômes, j'avoue que là :confus pleins les bottes :mrgreen:
Bien sur les choses ont surement évoluées depuis... encore que :hum: :hum:

_________________
Certaines de tes plus grandes douleurs deviennent tes plus grandes forces.


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message : Re: Education et sécurité
Message Publié : 15 Mai 2014, 00:10 
Hors-ligne
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 11 Fév 2014, 00:45
J'ai répondu la 2 bien que ça ne corresponde pas tout a fait, ça a parfois été difficile, et a ruiné ma confiance en moi à une époque, mais c'était du à d'autres élèves en fait, l'école en elle meme m'a juste appris des choses plus ou moins inutile dans ma vie :) (j'ai toujours été assez bonne élève, mais trop fainéante pour être tres bonne :mrgreen: ).

Du coup je ne sais pas trop, est ce que je me sentais bien à l"école? Pas tellement, mais je ne me sentais bien nulle part en fait, ce qui a entrainé un depression, un taux élevé d'absentéisme, de tres mauvaises notes (et parfois carrement pas de notes dans certaines matieres) et un redoublement... Mais on peut aussi dire que l'école m'a boostée, puisque quand le redoublement a été décidé, la cpe m'a dit "change de voie, tu n'auras jamais ton bac dans cette filiere", or je n'ai pas du tout aimé le ton qu'elle avait (parce qu'a sa façon de le dire je l'ai pris comme un "t'es trop conne pour réussir") du coup je lui ai claqué a la gueule qu'elle me connaissait pas, que je n'avais aucune intention de changer d'orientation et que je lui prouverai que je pourrai avoir mon bac, et sans trop d'efforts!!! et ce fut le cas :best: (mais je le regrette parfois parce que finalement un bac général ça sert a rien...)


Haut
 Profil  
 
Afficher les messages publiés depuis :  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 40 message(s) ]  Aller vers la page Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Le fuseau horaire est UTC+2 heures


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum

Recherche de :
cron

Propulsé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction et support en françaisUtiliser phpBB avec un certificat SSL